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Marché unique, AFAWA et IA : Comment la BAD façonne les futurs champions économiques africains 

Par notre envoyé spécial

Tunis  En plein cœur des discussions stratégiques sur la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’accès des femmes et des jeunes aux opportunités du marché unique reste un défi majeur. Lors d’un entretien exclusif accordé à Afriways, Mme Malinne Blomberg, directrice générale adjointe de la Banque africaine de développement (BAD) pour l’Afrique du Nord, a tracé la feuille de route de l’institution pour propulser l’entrepreneuriat sur le continent. Entre financements records, intégration régionale et révolution digitale, elle livre un message résolument optimiste. 

L’entrepreneuriat féminin : le cœur de la stratégie de la BAD 

Pour la Banque africaine de développement, l’émergence des futurs champions économiques de demain passe inévitablement par un soutien massif aux petites et moyennes entreprises (PME), avec une priorité absolue accordée aux femmes et aux jeunes. 

Mme Blomberg a notamment mis en avant deux initiatives cruciales menées en étroite collaboration avec les communautés économiques régionales (COMESA, CEDEAO) : 

  • La plateforme « 50 Million African Women Speak » : Un réseau unique conçu pour offrir aux femmes entrepreneures un accès direct aux informations de marché indispensables pour s’intégrer efficacement dans les chaînes de valeur régionales. 
  • Le programme AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa) : Véritable navire amiral de l’institution, cette initiative a déjà permis de mobiliser plus de 3 milliards de dollars dédiés spécifiquement au financement des femmes, s’appuyant sur un réseau de 200 institutions financières partenaires à travers 46 pays. 

À l’échelle locale, cette dynamique se traduit par des projets concrets comme « Cap Emploi » (faisant suite à Souk At-tanmia) en Tunisie, qui met l’accent sur la formalisation de l’économie informelle, le financement et l’assistance technique pour ouvrir les portes des marchés africains aux entrepreneures locales. 

Au-delà du libre-échange : relever les défis de l’éco-système 

Si la création d’un grand marché unique est une opportunité historique, Mme Malinne Blomberg rappelle avec lucidité qu’elle ne suffit pas, à elle seule, à garantir une croissance inclusive. Pour que les nouveaux entrants et les PME puissent pleinement en profiter, plusieurs barrières structurelles doivent être levées : 

« Il faut s’assurer que les coûts dans ce grand marché soient plus bas, que les entrepreneurs puissent participer facilement, qu’ils aient accès aux systèmes de paiement et soient payés à temps. » 

La directrice générale adjointe a insisté sur la nécessité d’investir simultanément dans les infrastructures de base, à commencer par les transports, pour fluidifier la circulation des intrants et des exportations. La formation continue et un accès simplifié au financement restent les piliers de cet écosystème en construction. 

Digitalisation et Intelligence Artificielle : les nouveaux leviers de décision 

L’un des tournants majeurs de cette décennie réside dans la démocratisation de la donnée. Alors qu’obtenir des informations fiables relevait autrefois du parcours du combattant, la digitalisation est en train de redistribuer les cartes. Aujourd’hui, un entrepreneur basé à Tunis peut analyser les opportunités du marché zambien en quelques clics. 

Face à cette infobésité, Mme Blomberg se montre particulièrement enthousiaste quant à l’apport des nouvelles technologies : l’intelligence artificielle, combinée aux solides compétences locales, s’impose désormais comme un outil d’analyse stratégique incontournable pour aider les chefs d’entreprise à prendre les meilleures décisions en temps réel.

Un appel vibrant à la coopération Sud-Sud 

En conclusion, le message de la BAD aux forces vives du continent est un appel à l’audace et à l’action collective. L’Afrique dispose aujourd’hui d’un marché immense et de tous les atouts nécessaires pour s’imposer sur la scène économique mondiale. 

La clé du succès repose désormais sur la collaboration Sud-Sud : unir les compétences, partager les ressources technologiques et co-investir pour transformer le potentiel de la ZLECAf en une réalité prospère et partagée. L’Afrique est prête à appuyer ses entrepreneurs ; il ne reste plus qu’à conquérir ce marché d’avenir