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Femmes entrepreneures : pourquoi les meilleures n’exportent pas  

Elles réussissent… mais exportent peu. Les chiffres racontent parfois des histoires étonnantes. Comment expliquer que des entreprises aussi performantes restent encore largement absentes des marchés africains ? 

Un paradoxe qui mérite d’être compris 

Les femmes dirigent aujourd’hui près d’un quart des entreprises tunisiennes. Leurs PME affichent un taux de rentabilité de 71,2%, contre 64,1% en moyenne nationale. En 2024, elles ont réalisé 166,3 millions de dinars d’investissements, soit une progression de 15,2% par rapport à l’année précédente. Elles représentent 40% des cofondatrices de startups labellisées, 35% des entrepreneurs du numérique, et 26% des projets industriels déclarés au niveau national. 

Autrement dit, les entreprises dirigées par des femmes ne cherchent plus à faire leurs preuves. Elles les font déjà. 

Et pourtant, seulement 12,2% des PME exportatrices tunisiennes sont dirigées par des femmes. Plus frappant encore : sept entreprises sur dix n’exportent pas du tout. Le véritable paradoxe n’est donc pas celui de la performance. C’est celui du passage à l’échelle. 

Le problème n’est pas la compétitivité 

Pendant longtemps, on a expliqué la faible présence des femmes à l’export par un manque de compétitivité. Les chiffres démontrent aujourd’hui exactement l’inverse. Le principal frein est ailleurs. Il est structurel. 

Le premier obstacle reste l’accès au financement. Le score d’accès au financement des PME féminines tunisiennes atteint seulement 45 sur 100 — ce qui signifie concrètement qu’une dirigeante peut avoir un excellent produit, des années de bénéfices consécutifs, et ne jamais obtenir le crédit nécessaire pour changer d’échelle. Près d’une dirigeante sur deux ne sollicite même pas un financement bancaire, non pas parce qu’elle n’en a pas besoin, mais parce qu’elle anticipe un refus ou estime ne pas disposer des garanties demandées. L’IFC évalue à 595 millions de dollars le déficit de financement cumulé des PME féminines tunisiennes — un chiffre qui mesure l’ampleur des ressources non mobilisées. 

À cela s’ajoute une difficulté souvent moins visible : l’accès à l’information. Beaucoup de dirigeantes ignorent encore les dispositifs d’accompagnement, les programmes de financement ou les réseaux capables d’accélérer leur développement international. Ce n’est pas un manque d’ambition. C’est un manque de passerelles. 

Pourtant, les opportunités existent 

Le plus intéressant est que les secteurs où les femmes entrepreneures sont les plus présentes correspondent précisément à ceux qui connaissent une forte demande sur plusieurs marchés africains. L’agroalimentaire avec l’huile d’olive bio, les dattes et les produits de terroir, le textile responsable avec le green textile et le prêt-à-porter éthique, les services et le numérique avec le conseil, l’ingénierie et l’IT — autant de domaines dans lesquels la Tunisie dispose déjà d’un savoir-faire reconnu et où les marchés africains expriment une demande croissante et documentée. 

Les besoins sont réels. Les marchés existent. Le potentiel est mesuré. Ce qui manque le plus souvent n’est donc pas le produit. C’est la connexion entre cette offre et les marchés qui en ont besoin. 

Ce qui fait réellement la différence 

Les expériences menées ces dernières années apportent un enseignement précieux : lorsque les femmes entrepreneures bénéficient d’un accompagnement adapté, les résultats suivent. La participation féminine aux pavillons internationaux a progressé de 20%. Les femmes représentent aujourd’hui 45% des membres des consortiums d’exportation PEMA II. Les programmes spécialisés comme SheTrades Tunisia ont formé 130 PME féminines à l’e-commerce export, leur ouvrant un accès direct à des acheteurs internationaux et à des réseaux qualifiés. 

Ces chiffres démontrent une chose simple : le problème n’est pas la volonté d’exporter. C’est l’accès aux bonnes passerelles. 

Conclusion Afriways 

Le véritable enjeu pour les PME féminines tunisiennes n’est plus de démontrer leur potentiel. Il est établi, documenté, incontestable. L’enjeu est de construire les passerelles qui permettront de le transformer en croissance internationale. 

L’Afrique représente aujourd’hui une fenêtre d’opportunités réelle pour les entreprises tunisiennes — dans l’agroalimentaire, le textile responsable, le numérique. Ces marchés ne cherchent pas la perfection. Ils cherchent des partenaires fiables, compétitifs, capables de répondre à une demande croissante. Les PME féminines tunisiennes correspondent à ce profil. Il leur manque encore, trop souvent, l’accès aux bons outils pour le prouver au bon moment, sur le bon marché. 

C’est ce cap qu’Afriways vous aide à franchir.